La dysphagie, ou trouble de la déglutition, est fréquente chez les personnes âgées et particulièrement en institution. La prévalence est estimée entre 30 et 62 % chez les résidents en établissement, et des travaux du CHU de Limoges évaluent à 62 % la fréquence des fausses routes en EHPAD [1]. Autrement dit, sur une unité, c'est une part importante des résidents qui est concernée.
Un risque sérieux, et souvent silencieux
Les conséquences des troubles de la déglutition sont lourdes : déshydratation, dénutrition et pneumopathies d'inhalation, lorsqu'une partie de ce qui est avalé passe dans les voies respiratoires. La Haute Autorité de Santé a publié un Flash sécurité patient consacré aux fausses routes, signe que le sujet relève bien de la sécurité des soins [2].
Le paradoxe, c'est que l'eau plate, la boisson la plus banale, est aussi l'une des plus à risque : un liquide clair s'écoule vite et se contrôle mal à la déglutition. C'est pour cette raison qu'on modifie la texture des boissons, afin de ralentir l'écoulement et de sécuriser la prise. L'eau gélifiée répond directement à ce besoin d'hydratation sans fausse route.
Parler le même langage : le référentiel IDDSI
Pendant longtemps, chaque établissement a décrit les textures avec ses propres mots. L'IDDSI (International Dysphagia Diet Standardisation Initiative) fournit aujourd'hui un cadre commun, sur un continuum de 8 niveaux (de 0 à 7). Les boissons sont graduées du niveau 0 (liquide clair) au niveau 4 (extrêmement épais), tandis que les aliments couvrent les niveaux 3 à 7 [3]. Une eau gélifiée se situe sur les grades épais de ce continuum.
L'intérêt d'un référentiel partagé est évident : une texture nommée de la même façon par le médecin, l'orthophoniste, la cuisine et le soignant, c'est un risque d'erreur en moins à chaque transmission.
L'enjeu numéro un n'est pas seulement d'épaissir, c'est d'obtenir une texture constante. Une portion trop liquide ou trop ferme, ou qui varie d'une fois à l'autre, c'est le repère de sécurité qui se brouille.
Le point faible de la préparation manuelle
Préparer l'eau gélifiée à la main est chronophage et difficile à reproduire à l'identique. Le dosage, le temps de prise, la température : autant de variables qui font qu'une portion ressemble rarement tout à fait à la précédente. Cette variabilité est exactement ce qu'on cherche à éviter quand la texture est un repère de sécurité.
Ce qui change avec un préparateur automatique
Automatiser la préparation, c'est sécuriser la texture et libérer du temps. Une portion produite en quelques secondes, à une texture régulière, portion après portion, sans préparation en amont. C'est l'objet du Nutris6tem, notre préparateur d'eau gélifiée, et plus largement de notre approche de l'hydratation en situation de dysphagie.
Un mot, enfin, sur la responsabilité : l'évaluation de la déglutition et le choix des textures relèvent des professionnels de santé (médecin, orthophoniste, diététicien). Le matériel sécurise et facilite l'exécution d'une prescription, il ne la remplace pas.
Sources
- Prévalence des troubles de la déglutition et des fausses routes en institution (revue clinique, et travaux du CHU de Limoges relayés par la filière) : em-consulte.com.
- Haute Autorité de Santé, Flash sécurité patient « Fausses routes » : has-sante.fr.
- International Dysphagia Diet Standardisation Initiative (IDDSI), cadre des textures : iddsi.org.